Un petit garçon triste, délaissé par ses parents, rêvait d’un monde idéal…
Un monde dans lequel tout le monde serait son ami, et où lui serait l’ami de tous les êtres.
À 15 ans, en classe de troisième, sa professeure d’allemand leur proposa une rédaction :
« Décrivez ce que vous voudriez faire quand vous serez adulte. »
Et voici ce qu’il écrivit ce jour-là :
Quand je serai adulte
Je ne veux pas être comme les grands qui oublient leurs rêves.
Je ne veux pas courir après l’argent,
ni m’enfermer dans des bureaux gris aux fenêtres fermées.
Je veux… aimer les gens.
Je veux leur parler doucement,
les faire rire, les écouter, je veux qu’ils se sentent vivants, importants, lumineux.
Je veux parcourir le monde,
non pas pour dominer,
mais pour tisser des liens,
pour apprendre le langage des cœurs,
pour embrasser la planète comme on embrasse un arbre.
Je serai peut-être écrivain,
ou professeur de sourires,
ou protecteur des forêts,
ou guide dans un monde que personne ne voit encore.
Je veux créer un endroit
où chacun peut venir poser sa douleur,
et repartir plus léger, plus vrai.
Un endroit où l'on respire ensemble, où l’on parle ensemble, où l’on rit ensemble.
Je vois une grande maison au bord de la mer.
On sera végétariens, car les animaux sont mes amis, et je ne mange pas mes amis.
On fera du yoga, de la méditation,
du chant et de la danse aussi.
On pratiquera un massage, mais pas n’importe lequel :
un massage qui touche tout autant le cœur, l’esprit, l’âme… que le corps.
La porte sera toujours ouverte.
Et les personnes qui séjourneront chez nous repartiront plus heureuses,
et en meilleure santé.
Je ne veux pas être célèbre.
Je veux juste que celles et ceux que je croise, même une seule fois,
gardent au fond d’eux une étincelle de paix, d’harmonie et d’amour.
Je veux qu’à travers ce lieu,
chaque être se souvienne qu’il est né pour aimer et être aimé.
La professeure ne s’est pas moquée de moi.
Et à 23 ans, je créais mon premier lieu de vie et centre de stages dans le centre Var,
avec ma merveilleuse épouse et mon vieux père.
C’est là qu’allaient naître notre fils et notre fille bien aimés.
17 années de vie intense sous le soleil de Provence.
Un endroit de liberté absolue, de Beauté, de Conscience, d’Amour…
Souvent bercé par le bruit des hélicoptères de l’armée de terre
(on nous avait fait visiter un dimanche… quand la base faisait relâche).
Puis vint une tentative de vie en République Dominicaine,
avec la création d’un centre d’écotourisme sur une plage idyllique,
dans une baie intacte de toute présence humaine.
On allait se baigner avec les lamantins…
NE JAMAIS ACHETER UNE PROPRIÉTÉ EN RÉPUBLIQUE DOMINICAINE !!!
Un Breton, inventeur du kitesurf, m’acheta mon terrain…
et ce sont ses parents qui m’ont fait découvrir la presqu’île de Crozon,
ce paradis sauvage aux paysages grandioses.
Avec ma compagne américaine, nous nous sommes installés en mars 2004,
et en juillet, après de nombreux travaux, nous recevions nos premiers hôtes.
Depuis, plusieurs centaines de personnes ont traversé ce lieu.
Beaucoup ont été profondément touchées par ce qu’elles ont reçu ici,
et nous ont exprimé leur gratitude d’une manière bouleversante.
D’autres nous ont détestés…
pour notre ouverture, pour notre sourire,
pour avoir osé leur proposer un massage,
pour leur avoir fait retirer leurs chaussures à l’entrée.
Au début, cela nous blessait.
Puis, avec les années, nous avons compris :
on ne peut pas plaire à tout le monde.
Et si les gens repartent plus lumineux, plus en paix,
c’est qu’ils portaient déjà cette lumière en eux-mêmes.
21 ans maintenant…
Et malgré le temps qui passe, malgré les déceptions,
les trahisons, les jalousies, le rêve est toujours intact.
Le rêve du petit garçon,
aujourd’hui au soir de sa vie :
Que tous les êtres, visibles et invisibles, soient heureux et en paix.